Henri VERCELLOTTI   (1919-1998)

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Un hommage à Lydie et Henri

Quelques années après le décès d’Henri VERCELLOTTI, Lydie, son épouse, m’a prêté un manuscrit pour que je lise. J’ai été surpris par la richesse et l’actualité de cet ouvrage. C’est pourquoi, sans bien me rendre compte de la charge de travail que cela représentait, je lui ai proposé de prendre en charge le travail de transcription afin que d’autres puissent en profiter, et tout particulièrement les membres de sa familles et leurs amis. Mais la tâche était considérable et mon projet à peine commencé est tombé dans les oubliettes au point que, des années plus tard, lorsque Lydie m’a demandé de lui restituer le manuscrit, il m’a fallu le chercher plusieurs mois pour remettre la main dessus et me replonger dedans. La machine était relancée et voilà pourquoi, quelques semaines après ses 90 ans, Lydie a bien voulu me faire confiance une seconde fois.

Quelques mois plus tard, le travail en était encore à ces débuts. Lorsque le décès de Lydie nous a surpris, il a sacralisé la promesse que je lui avais faite. J'y ai consacré l’essentiel de mon temps libre pendant quelques mois pour déchiffrer le manuscrit. Vérifier chaque nom, chaque détail a été pour moi l’occasion de beaucoup apprendre et, malheureusement, beaucoup oublier aussi. Il m’a donc semblé utile d’agrémenter le texte d’Henri par de nombreuses notes et illustrations qui, je l'espère, éclaireront le lecteur comme elle m'ont éclairé. 

Lydie souhaitait que cet hommage soit rendu à son époux. Je l’ai assez connu pour m’y associer. 

Qui était Henri VERCELLOTTI ?

Le moins que je puisse en dire, c’est qu’il avait une forte personnalité !

Né en 1919, Henri VERCELLOTTI a été élevé à Oran avec son frère Jean, par Annette VERCELLOTTI, leur mère, pour laquelle ils avaient tous deux une véritable vénération. 

Institutrice, et très indépendante à une époque où il n’était pas facile pour une femme de vivre seule avec deux enfants, Annette VERCELLOTTI a su à merveille cultiver et développer les qualités intellectuelles de ses deux fils en leur transmettant ses valeurs humanistes et républicaines qui sont contenue dans la devise de la République Française : « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FraternitÉ »  auxquelles s’ajoutent l’honnêteté intellectuelle, la laïcité, le respect des autres et de soi-même et pour finir la reconnaissance du mérite. Pour autant, esprit critique oblige, les deux frères n’avaient pas toujours les mêmes opinions qui pouvaient aussi être sensiblement différentes de celles de leur mère.

Doué d’une excellente mémoire, Henri possédait une culture classique très étendue. Très éclectique, ses centres d’intérêt étaient très variés. Il était capable de suivre un match à la télévision, tout en écoutant la radio et en lisant un livre ou un journal. Pour autant, quand je l’ai connu, c’était plus un observateur qu’un acteur. Sportif, mais grand fumeur, il évitait tout effort inutile. Pacifiste, il évitait les conflits, mais avec l’assurance de celui qui a su se battre chaque fois que cela a été nécessaire. 

Peu bavard, il ne s’exprimait que lorsque son auditoire avait envie de l’entendre, et toujours pour exprimer des opinions fondées et étayées par de savoureuses anecdotes. Il émanait de lui un niveau d’exigence personnelle sans faille totalement indifférent à l’opinion d’autrui. Il supportait mal la bêtise qu’il préférait ignorer. Pourtant en cas de nécessité, il était capable de redoutables jugements, tranchants et tranchés, qui tombaient comme des couperets. Sa tolérance ne laissait guère de place au laxisme. 

Intellectuel, il respectait le travail manuel en y touchant le moins possible. Quand au travail intellectuel, il s’y intéressant activement, efficacement, souvent pour le plaisir, mais toujours sans excès.

Humaniste, il conservait un esprit critique toujours très indépendant et évitait de s’engager inutilement. Son regard d’aigle était d’une acuité et d’une perspicacité remarquable. Son intelligence, au dessus de la moyenne, lui permettait d’observer, d’analyser toute situation et de se positionner en prenant toujours de la hauteur et une prudente distance vis-à-vis des évènements.

Tel était l’homme que j’ai trop peu connu et qui a été un modèle pour moi qui avait presque l’âge d’être son fils. Je dois ajouter que je redoutais autant son indifférence que son jugement. Pourtant, quel plaisir lorsque son regard se faisait malicieux et complice, seule expression de sentiments qu’il évitait d'exprimer par des paroles. Un regard discret, l'esquisse d'un geste affectueux, et c’était déjà beaucoup !  

Enfant, Henri Vercellotti a passé sa jeunesse dans le contexte de l’Algérie coloniale de l’entre-deux guerres. Il en a tiré une indépendance d’esprit et des points de vue très personnels, parfois contradictoires mais qu’il assumait parfaitement. Son expression très directe et sans concession peut parfois choquer aujourd'hui. Il tirait une certaine fierté de cette manière de s'exprimer qui lui était indispensable pour dénoncer les idées conformistes qui l’insupportaient.

Avertissement

Il faut se garder de lire cet ouvrage avec les lunettes d’une personne d'aujourd’hui. Le manuscrit a été écrit avant 1998 et vraisemblablement entre 1974 et 1983. Son auteur, Henri VERCELLOTTI,  est  né au début du vingtième siècle. Vétérinaire de profession, il a reçu une formation à la fois scientifique et littéraire. Sans aucune prétention d'historien, son esprit critique, original et curieux a jeté sur l’Histoire un regard qui se voulait rationnel et réaliste, indépendant, sans préjugé et aussi objectif que possible. Pourtant, ce regard est fortement marqué par son enfance dans l’Algérie coloniale au début du vingtième siècle. 

J’invite donc le lecteur à ne jamais oublier que Henri VERCELLOTTI était un Humaniste de son temps, agnostique ou athée, respectueux des autres et de leurs croyances. Confronté à l’erreur, le mensonge et la bêtise humaine, soit il s’en écartait, soit il y faisait face par nécessité, mais toujours sans concessions. Gaulliste parfaitement intègre, son indépendance d’esprit et son honnêteté intellectuelle ne souffrait pas d’exception. Il recherchait toujours la paix, le calme et la sérénité, mais il ne fallait pas essayer de lui faire prendre des vessies pour des lanternes.

L'expression franche et directe  de ses idées ne peut et ne doit en aucun cas être être confondue avec la défense d’un Occident Chrétien qu'il aurait certainement désapprouvée ! Son propos se situe ailleurs. Sa motivation était plutôt d'éclairer avec intelligence une partie de l'Histoire de l'Humanité. Il faut toujours avoir l’esprit qu’il affirme dans le début de sa conclusion « la notion de race ne correspond à rien de réel » ! 

Hippolyte Adolphe Taine, (1828 – 1893), cité par Henri VERCELLOTTI, est un philosophe rationaliste et historien positiviste qui n’a pas hésité à critiquer la Révolution française en dépit de ses idées libérales pour l’époque. En condamnant l’abstraction de la philosophie des Lumières, il a fait le bonheur de ses adversaires. De même, il ne faudrait pas que l’indépendance d’esprit d’Henri alimente des idées nauséabondes qu’il aurait condamnées.

Son propos est tout autre et bien au dessus de ces considérations. Voilà pourquoi je suis fier d’avoir travaillé pour permettre au lecteur de le découvrir. J’espère ainsi avoir suivi son exemple et avoir œuvré pour faire reculer la bêtise humaine encore et toujours si répandue et dangereuse.         

Une vision d'avenir !

Au-delà de ces raisons sentimentales qui n’intéressent que ceux qui ont connu de près ou de loin Henri Vercellotti et sa famille, cet ouvrage me semble présenter un intérêt plus général qui justifie de lui éviter un oubli qui n’aurait pas manqué de l’engloutir à tout jamais.

Henri Vercellotti, en historien autodidacte, met en évidence que, depuis 25 siècles, la méditerranée orientale, toute petite région du monde, a systématiquement été le théâtre d’un affrontement entre peuples indo-européens, entre peuples d’Occident et peuples du Proche Orient. Ce qui se passe dans cette région du monde n’est jamais anodin dans l’histoire de nos civilisations.

Depuis le début de l’Histoire, de l’Italie à la Mésopotamie, en passant par la Grèce et la Turquie et au centre, la Palestine et l’Égypte, toutes les crises de croissance des civilisations s’y sont exprimées en laissant des traces indélébiles.

Les proposd'Henri résonnent étrangement en ce début de millénaire où l’Humanité entière vit une époque charnière sans précédent. Tous les équilibres de la planète sont concernés. L’activité humaine accélère les changements de climat comme jamais. De même, l’activité humaine soulève partout des questions éthiques, mais aussi pratiques, essentielles et existentielles dans tous les domaines (économie, production d’énergie, médecine, armement, traitement de l’information, utilisation de ressources naturelles et singulièrement de l’eau, etc …). La démographie et l’absence de maîtrise des progrès techniques et scientifiques, ne font qu’augmenter l’aspect crucial de tous ces problèmes pour nos sociétés.

Des changements politiques nous attendent. Déjà, des signes précurseurs nous interpellent :

- la pression migratoire aux frontières de l’espace de Schengen comme à l’intérieur et tout particulièrement à ses frontières méditerranéennes.

- les tensions entre communautés chez tous ceux qui se réclament de la descendance d’Abraham dans tout le pourtour méditerranéen, en prenant la mesure de la montée des intégrismes religieux de tous bords.

- L’incroyable divorce entre peuples et dirigeants, entre le monde des électeurs et le petit monde des élus.

- Les problèmes économiques en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie et bientôt en France.  

Et quand la religion et la politique s’emmêlent, le pire n’est jamais certain ! Les printemps arabes ne sont qu’un début. Sans compter qu’avec la mondialisation, l’Extrême Orient est à nos portes et qu’il pèsera sur cette crise de croissance de l’Europe.  

 

C'est peut-être encore une fois en Grèce qu’il faudra aller chercher comment les peuples, après avoir été tant déçus par leurs « élites », pourront reprendre en main leur destin et obliger leurs dirigeants, tant politiques que financiers, à tenir compte de leur avis et à les servir au lieu de les abuser pour mieux se servir.

Les bouleversements politiques qui s’en suivront respecteront-ils l’anacyclose, la boucle chère à Platon et évoquée par Henri VERCELLOTTI  ?  

« La monarchie amène l’aristocratie, et l’oligarchie, par ses abus, conduit à la
démocratie qui par laxisme, amène le chaos révolutionnaire qui se termine par la dictature. »

Il y a tout lieu de le craindre !

Quels seront les nouveaux équilibres et quel en sera le prix pour nos descendants ?

Redoutons la folie des hommes guidés par le seul pouvoir de l’argent.

Redoutons la famine et la maladie qui déciment les populations.

Redoutons l’esprit de conquête qui allume des foyers de guerre.

Mais espérons que la fraternité et la connaissance ainsi que l’intelligence et le savoir,

maintiendront à l’écart les quatre cavaliers de l’Apocalypse. 

Poillé sur Vègre, le mercredi 9 juin 2015,                                                                                                            Etienne EYRAUD