Salamine ð  

29 sept. -480

   Actium ð   

2 sept. -31

  Lépante ð  

7 oct. 1571

20 oct. 1827



ACTIUM   (2 Septembre -31)

 

Bien que cette bataille décisive ait eu lieu entre deux généraux romains, et contrairement aux apparences, elle a eu un rôle déterminant dans le maintien de la puissance romaine sur l’occident pendant les siècles à venir , évitant ainsi à l’influence orientale de se répendre en Europe ; bien au contraire, par Rome, l’influence grecque ne fit que s’accentuer dans l’empire romain, car déjà existante sous la république, elle ne fit que se développer à Rome jusqu’à devenir prépondérante, et de là, s’étendit à tout l’occident sous l’autorité Romaine.

Pendant le premier siècle avant J.C., Rome avait vécu un état de révolution permanente. La République pure et dure dont nous abreuvent les historiens latins, avait disparu. Le pouvoir de l’aristocratie au Sénat avait été brisé, sans qu’aucune autre forme de gouvernement ne lui ait été substituée. L’assemblée ne se gouvernait plus elle-même. Elle était, à plus forte raison, incapable de diriger convenablement l’immense empire romain. La démocratie avait vécu. La dictature devenait inévitable. La seule question qui se posait était de savoir qui l’emporterait. Jules César, le vainqueur des Gaules et son gouverneur, arrive avec ses légions qui étaient sa seule protection, car Caton l’avait menacé de bannissement par le sénat s’il entrait dans Rome avec son armée. Le 10 janvier 49 avant J.C., Jules César franchit le Rubicon (alea jacta est !), petit fleuve côtier, qui marquait la frontière à ne pas dépasser, avec des soldats. Il le fit avec une seule légion (les neuf autres restants en Gaule), soit moins de 10 000 hommes. Pompée, représentant l’aristocratie avait à Rome, sous ses ordres 60 000 hommes soit dix légions. Sans que l’on comprenne /...

                                                                                      .. pourquoi Pompée sortit de Rome avec ses légions, partit pour Brindisi, traversa l’Adriatique. On peut pense que Pompée espérait que sa flotte pourrait affamer l’Italie en empêchant le ravitaillement, surtout en céréales, bases de l’alimentation, et ainsi détruire son rival.

 

Alors que les partisans de Pompée organisaient en Grèce, en Afrique du Nord et en Espagne, de grandes armées, Jules César, parant au plus pressé, assura le ravitaillement de Rome avec du blé venant de Sicile, puis mena une armée en Espagne dans le but évident de s’assurer des ressources céréalières. Rentré à Rome par voir de terre et après avoir pris Marseille, qui s’était déclarée pour Pompée, Jules César rejoindra Brindisi où ses lieutenant avaient rassemblés des troupes et la flotte. Après la passage de l’Adriatique, les premiers combats ne lui étant pas favorables, Jules César se réfugie en Thessalie et reforme sa puissance militaire. Il est à noter que pendant tout ce temps, l’Italie reste sans défense. Le neuf août -48, ce fut la bataille de Pharsale. Pompée a 48 000 fantassins et 7 000 cavaliers. César : 22 000 fantassins et 1 000 cavaliers. On connait sa recommandation. « Frappez-les au visage !», car les jeunes aristocrates de Pompée ne craignaient pas la mort, mais d’être défigurés.

Pharsale, bataille décisive et fatale pour Pompée qui fut écrasé, laissant 20 000 prisonniers. Pompée s’embarque pour Alexandrie, où venant de débarquer, il fut proprement égorgé par des envoyés de Pharaon, sous les yeux de sa femme, encore sur le navire. L’Égypte était peu soucieuse de soutenir le vaincu. 


Deux généraux de Pompée, Brutus et Cassius, furent pardonnés par Jules César. L’Égypte était gouvernée par Cléopâtre, la dernière des Ptolémée ? C’était une toute jeune macédonienne, très hellénisée, qui n’avait qu’une loi : le succès et le pouvoir par tous les moyens. Après des péripéties mouvementées, Jules César resta le seul maître en Égypte, et eut un fils de Cléopâtre, le malheureux Césarion.  

Revenu à Rome après avoir fait à nouveau campagne, Jules César trouve la ville en pleine anarchie. Il remet de l’ordre dans les affaires publiques et le Sénat reconnaissant, mais surtout apeuré, lui confie la dictature pour dix ans. Jules César en profita pour distribuer des terres /...

                                                                                                                                                                                                                                 ... à ses vétérans, fit de tous les hommes libres d’Italie des égaux des Romains et nomma des gouverneurs de province loyaux et énergiques. C’est dans cette période que Jules César montra tout son génie d’homme d’État.

Jules César avait pardonné à ses ennemis. Brutus et Cassius, eux-aussi pardonné après Pharsale, à la suite d’un complot, assassinent Jules César, abattu à coup de poignards, au pied de la statue de Pompée. C’est là qu’il prononça les paroles fameuses « Toi aussi, mon fils ! » qui ont suscité de nombreuses interprétations, car il avait été l’amant de la mère de Brutus dans l’année qui précédant la naissance de Brutus.

Après la mort de César, Marc-Antoine, un de ces généraux, le plus célèbre, parait être le maître de Rome. Apparenté à Jules César par sa mère, après une jeunesse dissolue, ce magnifique athlète fit preuve de bravoure en tant que général de cavalerie en Syrie et en Palestine. Il suivit César en Gaule et revint avec lui et commandait l’aile gauche de l’armée à Pharsale. Le testament de César, déposé chez les Vestales, désignait, à la surprise générale, Gaius Octave, comme héritier universel. Octave avait 18 ans et sa grand-mère était la sœur Jules César. Grace à l’immense fortune léguée par César, Octave organise sa propre armée, sort vainqueur de nombreuses petites batailles et est nommé consul. La situation générale étant toujours aussi médiocre, Octave et Antoine s’adjoignent Lépide pour former le deuxième Triumvirat.

Lassés par les constantes rébellions ourdies par le parti des aristocrates, le Triumvirat fait régner la terreur à Rome où 300 sénateurs et 2 000 hommes d’affaires parmi les plus importants sont assassinés. Leurs fortunes confisquées servent à payer les troupes et à venger Jules César. Cicéron, à cette occasion fut décapité alors qu’il essayait de se mettre à l’abri hors de Rome.

La tête et la main droite qui avaient écrit tant de pamphlets furent envoyées à Antoine, et Fulvie, première femme d’Antoine coupa la langue de Cicéron. Brutus et Cassius, envoyés comme gouverneurs à Cyrène et en Crête, ne désarment pas, concentrent des troupes en Macédoine. En -42, ils sont écrasés par Antoine à Philippes et se suicident.

C’est le dernier grand combat de l’aristocratie, et le triumvirat se partage l’empire : l’Afrique pour Lépide, l’Égypte pour Antoine et Octave garda l’occident et Rome.

 Antoine, ce très bon général, s’abandonne dans ses nouveaux États à une sensualité effrénée. Pendant sa tournée d’inspection, il incite Cléopâtre à se rendre à Tarse, en Asie mineure, mais celle-ci, qui a le gout du faste et de la mise en scène, ne se précipite pas et finit par arriver dans une somptueuse galère, accompagnée d’une escouade de nymphes en tenue légère et apparait ainsi, aux yeux d’Antoine ébloui et séduit. Cléopâtre avait 29 ans à cette époque et, bien entendu, elle invite Antoine à Alexandrie. Antoine avait épousé Octavie, la sœur d’Octave. Il la laisse en Italie, enceinte de ses œuvres, lui confie les enfants qu’il a eu avec Fulvie, sa première femme décédée et fait ami avec Octave qui part en campagne en Sicile…

Antoine embarque donc seul pour la Syrie, où il fait venir Cléopâtre. La vie de fêtes et de banquets recommence de plus belle. Dans l’euphorie générale, Antoine offre à Cléopâtre, le gouvernement de la Phénicie, de Chypre, de la Cilicie et de la Judée. Cléopâtre rejoignit Alexandrie pendant qu’Antoine fait campagne contre les Parthes qui s’agitent aux frontières, sans grand succès d’ailleurs.

Devant ses lâchages du monde romain par Antoine, Octave le dénonce au Sénat comme voulant liquider les possessions romaines. Octave se fait livrer le testament d’Antoine, déposé chez les Vestales, et le lit au Sénat. Il y est dit que seuls les enfants qu’il a eu de Cléopâtre hériteront de lui, et que sa dépouille devra reposer auprès de celle de Cléopâtre. Or, dans l’intervalle, Cléopâtre avait accouché de deux jumeaux, Cléopatra et Alexandre. La conduite d’Antoine envers Octavie, avec laquelle il divorça sur une simple lettre, souleva l’indignation de tous les Romains, d’autant qu’Antoine épousa officiellement Cléopâtre. Octave, avec l’accord unanime du peuple et du Sénat, déclare donc la guerre à Cléopâtre, commande en fait, sans faire mention d’Antoine d’autant qu’octave a convaincu le Sénat, qu’Antoine veut envahir et asservir Rome à l’Égypte et prendre Alexandrie pour Capitale. Des deux cotés on se prépare à la guerre.


Depuis Marius, les soldats romains sont surtout des mercenaires venant d’un peu toutes les parties de l’empire. A cette époque, l’armement change peu. Sur une tunique de laine, portée à même la peau, le légionnaire porte une cote de maille ou une cuirasse, attachée à l’épaule par une fibule. Le casque métallique, maintenu par une ...

... jugulaire, est orné d’une aigrette de plumes rouges ou noire. 

Le bouclier, rectangulaire et convexe est attaché au bras. De bonnes dimensions (un mètre vingt par soixante-quinze centimètres), le bouclier est relativement léger : constitué de deux lames de bois recourbées et liées entre elles, il est recouvert de cuir. Une saillie au milieu du bouclier est métallique. Le bouclier rectangulaire tend à se transformer en bouclier arrondi, comme celui des gladiateurs. à son coté, le légionnaire porte une épée courte dite « gauloise », les jambes sont protégées pas des « jambières » et les pieds chaussés de chaussures de cuir lassées par des lanières. Les cavaliers ont le même armement mais pas de jambiers. Une légion comprend six mille hommes, soit dix cohortes et chaque cohorte six centuries.

 

Tous les soldats romains sont dotés du « Pilum », amélioré par Marius qui substitua une cheville de bois à l’un des rivets réunissant le fer de la hampe. Quand l’arme se fiche dans le bouclier d’un adversaire, la cheville se brise et le pilum devient inutilisable par lui.


Pour l’approche, ces armes classiques sont aidées par des « frondeurs » des Baléares, des archers crétois. Les cavaliers sont le plus souvent des mercenaires ou alors fournis par des États alliés de Rome. Chaque légion a un aigle d’argent et un étendard. Progressivement, la cote de maille cèdera devant la cuirasse d’écailles articulées, et le pilum aura tendance à s’allonger.

La flotte romaine, composée de « birèmes » à deux rangs de rameurs, possède une rambarde où se tiennent les soldats. À la proue, un rostre recourbé fait corps avec la coque. La cabine du capitaine est placée à l’arrière.

Se rendant compte de l’importance de la flotte, Octave devenu Auguste, créera par la suite une marine permanente, composée de navires variés et adaptés aux besoins. Cette marine sera composée de deux flottes, une à Ravenne pour défendre l’Italie sur l’Adriatique, l’autre à Naples, formée de grosses unités et des escortes légères à Alexandrie en Syrie, constituées de bateaux d’un type léger « Les liburnes », rapides et maniables à deux rangs de rameurs, un mât et une voile pouvant se baisser sans déranger la « chiourme ». Les marins romains seront surtout des Grecs et des Phéniciens, chargés /...




Figure 5


                                                                                                                                                                                                                                                 ... de surveiller les convois de ravitaillement et de lutter contre la piraterie. (Pline l’ancien, mort lors de l’éruption du Vésuve, était préfet de la flotte de Missène).

Pendant un an, depuis Éphèse en Ionie, Antoine et Cléopâtre concentrent hommes et navires qui d’un peu tous les horizons. Les princes orientaux voyant là un moyen d’échapper à la lourde tutelle de Rome. Sur 800 navires, 200 sont fournis par l’Égypte. La flotte se réunit progressivement dans l’ile de Samos où la vie fastueuse d’Antoine et Cléopâtre continue. De Samos,, ils se rendront à Athènes retardant l’heure de l’inévitable rencontre. Finalement les effectifs en présence seront de 500 vaisseaux pour Antoine, parmi lesquels dix galères de grand luxe peu faites pour la bataille. Sur terre, Antoine dispose de 100 000 hommes et de 12 000 cavaliers.

Octave quant à lui, a réuni 250 navires de guerre, 80 000 fantassins et 10 000 cavaliers.

Les forces paraissent comparables, mais il n’en est rien. Sans cette rencontre qui symbolise la guerre de deux continents, de deux civilisations, la coalition orientale est tellement composite qu’elle est impossible à diriger correctement. Par ailleurs, Antoine qui a perdu ses meilleurs officiers, peu soucieux de se battre contre Rome, avait réquisitionné des Grecs pour constituer sa chiourme, mais une grande partie des navires était insuffisant armée en rameurs dont l’action était pourtant essentielle pour la manœuvre au combat qui demandait précision et vitesse de réaction.

Le combat naval d’Actium eut lieu en réalité au nord de Preveza. Actium n’est qu’un promontoire rocheux en Arcananie, sur la baie d’Ambracie, aujourd’hui le golfe d’Arta, situé vers l’intérieur, au-delà des marécages. Le promontoire était surmonté d’un Temple d’Apollon, sanctuaire de la ligue acarnanienne Arta, bien oubliée aujourd’hui, fut la capitale de Pyrrhus, le vainqueur de Romains à Héraclèe et Ausculum (C’est le héros des victoires à la Pyrrhus). Il fut tué par une tuile jetée d’un toit par une vielle femme lors de la prise d’Argos en 270 av. J.C.

La bataille eu lieu en face de Preveza, autrefois Berenicia, belle-mère d’un Roi d’Égypte et femme du Roi d’Égypte Ptolémée.

À terre, l’armée d’Antoine semblait devoir prendre les troupes d’Octave en tenailles avec se cavalerie au nord et son infanterie au sud des positions d’Octave. Le camp d’Antoine surplombe la lagune paludéenne où était le petit port d’Actium (aujourd’hui Akka). Antoine était accouru de Patras où il s’éternisait dans la débauche, à l’annonce d’offensives victorieuses d’Octave.

De nouveau revers de sa cavalerie non loin du fleuve Louros, la prise de Louros par Agrippa (général d’Octave) et la fièvre des marécages ravage son armée. À terre aussi, ses meilleurs officiers désertent, restant fidèles à Rome. Antoine songe à la retraite et ramène son camp à Actium. Sa flotte bien rangée le long du passage à l’entrée de la baie, il espère attirer l’ennemi sur ses gros vaisseaux pour le cerner ensuite par des vaisseaux plus légers. Bien qu’insuffisamment armé de rameurs, Antoine voulait un combat maritime, où il pouvait se distinguer devant les yeux de Cléopâtre, et ce, malgré Canidius, le chef de l’armée terrestre, conscient de sa supériorité au moins apparente.

Sur l’insistance de Cléopâtre qui veut une bataille navale et en réalité se prépare à fuir, la bataille navale sera décidée. Devant la provocation de la flotte d’Antoine, aligné comme à la parade, Agrippa, amiral d’Octave, flairant la ruse, au lieu d’attaquer s’éloigne au large. La bataille sera précédée de curieuses tractations où Octave demandera à Antoine de venir s’expliquer à Rome et Antoine proposera à Octave, un combat singulier pour régler leur différent.

Pendant quatre jours, la mer est mauvaise, secouant terriblement les hommes et les bateaux. Finalement, l’engagement décisif eut bien lieu le 5 septembre – 31. Antoine est à droite de sa ligne, Octave à droite de la sienne. Vers midi, le vent de mer s’étant levé, Antoine, toujours impatient, fait attaquer son aile gauche, Octave recule pour attirer les grosses galères égyptiennes, bien moins manœuvrières, d’autant qu’elles manquent de rameurs. Les gros bâtiments ne peuvent pas aller choquer les galères légères d’Octave qui se gardent bien d’aller au contact, car leurs pointes d’airain se briseraient sur les grosses poutres de bois des galères orientales. Les Galères romaines, par groupe de trois ou quatre, cernent les galères isolées, les enflamment et les immobilisent avec /...

                                                                         ... des jets de pots de résine enflammés et de torches lancés en grand nombre par les marins et légionnaires embarqués. L’issue du combat demeurait incertaine, car seule une partie de forces était engagée, quand on vit les soixante galères de Cléopâtre dresser mâts et voiles pour prendre la fuite, en profitant de l’écartement de la ligne adverse. Cléopâtre, protégée par une partie de sa flotte, disparait en abandonnant son armée. Voyant cela, Antoine demande à Canidius, Chef de l’armée de terre, de replier celle-ci vers la Macédoine, et lui-même, se jetant dans un petit vaisseau à voile, fuit le combat pour rejoindre la galère de Cléopâtre.

Dion Cassius décrit ainsi le combat : « plusieurs périrent asphyxiés par la fumée, avant que les flammes les aient atteints ; d’autres furent brulés vifs dans leur armure portées au rouge vif ; d’autres furent rôtis dans leurs vaisseaux comme dans des fours. Beaucoup se jetèrent à l’eau. De ceux là, les uns se virent dépecés par les monstres marins, d’autres tués à coups de flêches, d’autres se noyèrent. Les seuls de qui la mort ne fut pas insupportable étaient ceux qui se la donnèrent réciproquement. »

À cinq heures du soir, défaite d’Antoine est consommée. Trois cents navires de la coalition sont capturés. Cinq cents hommes ont péri. À terre, Canidius s’enfuit et une grosse partie de l’armée, travaillée par les envoyés d’Octave, se rend au plus fort.

Antoine, vaincu et sans espoir, se rend en Lybie et, de là, à Alexandrie où il s’installe près de l’île de Pharos où il apprendra, sans doute sans surprise, que tous les roitelets orientaux, y compris Hérode, le Roi des juifs, se sont tournés vers Octave.

L’énergique Cléopâtre essaye de faire passer ses navires, en les faisant tirer par terre, vers la Mer Rouge et l’océan indien, comme on le faisait au détroit de Corinthe, pour ceux qui ne voulaient pas doubler le cap du Péloponnèse, dangereux pour ses brusques tempêtes et la présence des pirates à Corinthe. Le chemin de halage, appelé « Diolkos » par les grecs était constitué d’une glissière empierrée avec rails et rouleaux de bois, sur une longueur de 6,5 km. Octave s’en servira pour poursuivre les débris de la flotte d’Antoine. En 883, une escadre byzantine s’en servit encore.  Le canal de Corinthe ne fut construit qu’entre 1881 et 1893, alors que Périandre (-625,- 585), le deuxième tyran de Corinthe, y avait déjà songé en son temps.

 

La tentative de Cléopâtre échoua, car les premiers bateaux arrivés furent pillés par les gens de Petra.

Après quelques escarmouches durant l’hiver -30, Antoine et Cléopâtre entament des négociations avec Octave et continuent à faire la fête. Depuis Actium, Octave se rendit à Athènes, puis en Italie pour réprimer une mutinerie, puis en Asie pour punir ceux qui avaient soutenu Antoine. Cléopâtre jugeant sans doute la partie perdue, essayait des poisons sur des animaux et des esclaves, pour choisir celui qui la ferait éventuellement le moins souffrir.

En -30, Octave vient mettre le siège devant Alexandrie. La suite des événements ressemble à une pièce du « Grand Guignol ». Antoine, vaincu et trahi, se perce de son épée quand il croit Cléopâtre morte (alors qu’elle s’est rendue). Il se fait transporter mourant à son tombeau où Cléopâtre est enfermée. Il y rentre, hissé comme un colis sanglant par une fenêtre et y meurt dans les bras Cléopâtre. Octave envoie un émissaire pour s’assurer de la personne de Cléopâtre et la désarme. Octave rend visite à Cléopâtre et compte bien la faire figurer vivante à son triomphe à Rome. Cléopâtre y échappe, par une piqure d’aspic, dissimulé dans un panier de figues, entrainant ses deux suivantes dans la mort. Antoine a 59 ans et Cléopâtre 38. Ils furent ensevelis tous ensemble.

Antoine avait sept enfants de trois femmes différentes. On fit périr Césarion, fils de Jules César et de Cléopâtre, et le fils ainé qu’Antoine avait eu avec sa première femme, Fulvie fut décapité. Tous les enfants d’Antoine furent élevés à Rome par Octavie qui les traita comme les siens. Une fille d’Antoine et Cléopâtre, elle-même nommée Cléopâtre, fut marié à Juba II, Roi de Numidie, élevé aussi à Rome. Par les deux filles qu’il avait eues d’Octavie, Antoine est l’arrière grand-père de Néron, le grand-père de Germanicus et l’arrière grand-père de Claude.

Le trésor égyptien retrouvé, Octave monta sur le trône des Ptolémée et fit administrer l’Égypte en son nom personnel par un préfet. L’Orient était vaincu pour longtemps.

Si la République mourut à Pharsale et l’ère révolutionnaire qui a suivi à Actium, Rome avait bouclé la boucle fatidique chère à Platon. La monarchie amène l’aristocratie, et l’oligarchie, par ses abus, conduit à la démocratie qui par laxisme amène le chaos révolutionnaire qui se termine par la dictature.  L’âge de la liberté prenait fin, l’âge de la soumission au vainqueur s’ouvrait pour les peuples de l’empire romain.

Dans la vie d’Octave, le plus remarquable reste encore à venir, car ce jeune homme avait hérité de Jules César ses qualités d’Homme d’État qu’il sut admirablement mettre en œuvre.

Nous l’avons laissé vainqueur à Alexandrie. De là, Octave passa en Asie où il continua à organiser et à délimiter les provinces et les royaumes, et ne revint à Rome qu’en -29. Pour célébrer sa victoire d’Actium, Octave avait fait édifier une ville nouvelle : Nikopolis, près des lieux de sa victoire.

Accueilli à Rome, comme un sauveur, car après vingt années de guerre civile, la ville était à l’agonie à tous point de vue. Tout n’était que ruines. Le commerce désorganisé, victime de la piraterie. Le Sénat n’existe qu’en nom, n’exerçant plus aucune autorité. Encouragé par Mécène et Agrippa, Octave créé le « Principat » : le peuple ne croit plus à la liberté qu’il confond avec l’anarchie. Avec patience et volonté, Octave remit tout en ordre, avec son argent, composé surtout du Trésor Égyptien. Il ne garde que 100 000 hommes d’armes, indemnise généraux et soldats en leur offrant des lots de terres cultivables.

Il se fit nommer « Imperator » c'est-à-dire chef des armées, puis « Princeps Senatus » , premier Sénateur inscrit, consul une fois tous les trois ans, qui lui donnait le pouvoir de légiférer au Sénat, puis enfin « Augustus » lui donnait la mainmise sur les objets et les lieux sacrés, ce qui lui conférait un halo de sainteté. Les pouvoirs de « Prince » étaient donc législatifs, judiciaires et exécutifs. Octave sut s’entourer d’Hommes de grande valeur comme Mecène et Agrippa, Horace et Virgile.

L’armée et la marine complètement réorganisée par Agrippa, la nouvelle administration de la Gaule assura à celle-ci un siècle /...

                                                                                                                                                                                                                                 ... de paix et l’éclosion d’une magnifique civilisation gallo-romaine. La frontière du Rhin bien gardée, la fameuse « Pax Romana » pouvait commencer.

Dix ans après Actium, le monde méditerranéen connait un épanouissement économique sans précédent, montrant qu’il apprécie plus la sécurité que la liberté. Rome se transforme sous l’influence des grands travaux d’urbanisme.  Octave prétendait qu’il « avait laissé une ville de marbre à la place d’une vile de briques ».Tout cela surtout grâce à Agrippa qui était un homme de sciences, un inventeur et un grand général et que l’on doit considérer comme le grand homme du règne d’Octave devenu Auguste. Le grand mérite d’Auguste est d’avoir reconnu ses qualités en l’obligeant à se marier avec Julie, sa fille en se proposant de lui céder l’Empire. Auguste essaya de lutter également contre la chute vertigineuse de la moralité en légiférant contre l’avortement, l’adultère et en aidant la religion. On ne peut pas dire que le succès couronna ses efforts, et que la moralité s’améliora dans des proportions notables.

Quand on, contemple l’œuvre immense d’Auguste, on a peine à se représenter qu’Auguste était un être physiquement fragile héritier de Jules César à 18 ans. Maître du monde à 31 ans, il gouverna Rome et l’Empire pendant un demi-siècle.

Auguste avait une peau très sensible et souffrait d’impétigo. Un rhumatisme à la jambe gauche le faisait souvent boiter. Le vent du sud le rendait catarrheux et il souffrit assez tôt de calculs vésicaux. Il se maintenait en menant une vie très frugale, ne mangeant que du pain du fromage, du poisson et des fruits, et ne participant jamais aux banquets, même à ceux qu’il offrait à ces amis.

Impitoyable au début, il devint modeste et magnanime pendant les quarante dernières années de son règne.

Ses deux seuls échecs, Auguste les connut sur la réforme morale mais surtout dans sa descendance.

Auguste eut deux femmes. Scribonia et Livie. Scribonia lui donna une fille, Julie, mais Livie avait deux enfants de son premier mariage : Drusus et Tibère qui furent élevés par Octavie avec tous les enfants d’Antoine et finalement Octave adopta officiellement Drusus.

Sa fille Julie est mariée à Marcellus qui meurt deux ans après. Octave fait divorcer Agrippa, son « Alter Ego » et ce dernier épouse Julie en l’an 2 avant J.C.. Agrippa héritier présomptif meurt en 12 et Julie est mariée à Tibère. Drusus étant mort à la suite d’une chute de cheval. Julie mène une vie tellement dissolue, que Tibère, ne voulant pas accabler Auguste, se retire à Rhodes et Julie est bannie dans la toute petite île de Pontadaria.

 

En réalité «  Le principat » donnera à l’Empire la plus longue période de prospérité que le monde ait connue et la « Pax Romana » durera deux siècles. Tel Léonard de Vinci, Auguste croyait avoir échoué quand il mourut à Nola en 14, à l’âge de 76 ans.